C’est en 2010, lors d’un voyage en Espagne que nous organisions afin de convaincre certains parmi les meilleurs vignerons d’être représentés en France par la société de négoce que nous étions en train de monter, que je découvris cet homme et sa merveilleuse approche créative.

Benjamin Romeo est le fondateur de la bodega Contador, un des plus grands vins de l’illustre appellation espagnole de La Rioja. Son grand vin est une œuvre d’art. Une structure bien établie, une bonne longueur en bouche et l’on découvre ensuite des arômes d’une grande complexité qui se révèlent les uns à la suite des autres. Se développant progressivement en bouche, leur présence se fait sentir tout en délicatesse et légèreté. L’impression d’avoir de la soie en bouche. La finesse des arômes est persévérante. Pas de boisé sur présent car pour le vieillissement de ses vins, et contrairement à beaucoup de ses compatriotes, Benjamin utilise uniquement des fûts de chêne français. Plus délicat que le chêne américain, le bois français est parfaitement intégré. Les notes restent subtiles, alliant une palette d’arômes à la fois suaves et élégante. Fruits noirs avec une pointe de rouge, nuances de cacao et de tabac, un bel équilibre de courbes rondes et tendues.

Je découvre le personnage par sa façon de faire le vin, le chai qu’il vient de concevoir, son agent commercial et ami d’enfance Patchi, les gens qui travaillent avec lui et son chien. Benjamin est le genre d’homme à ne pas se laisser séduire facilement lorsqu’il ne connaît pas. D’aspect bourru, sollicité de toutes parts depuis qu’il est encensé par les plus grands dégustateurs de la planète, il sélectionne les gens qui « veulent » vendre son vin. Son message est clair : « Je fais mes vins pour qu’ils soient bus et apportent du plaisir aux gens ! ». Ce qui signifie, pas de spéculation avec des bouteilles qui restent en cave jusqu’à ce qu’elles aient pris plus de valeur. Or, c’est souvent ce qu’il se passe dès qu’un vin est favorablement reconnu par les plus grands guides professionnels, une autorité qui fait foi dans ce business.

Dans l’univers du vin, lorsqu’un « wine maker » (vigneron) est plus que favorablement noté, l’homme se voit hautement courtisé par tous les courtiers en vin de la place, flairant en lui le moyen sûr de faire prospérer ses affaires. Bien souvent, ces hommes en costard cravate sélectionne dans les salles de dégustation ne voyant pas l’intérêt d’aller mettre les pied dans la terre. De la convoitise et des paillettes, voici ce qui arrive si on n’y prend gare ! Or, le plus grand bonheur d’un vigneron qui aime son métier, réside dans l’estime qu’ont les gens de la qualité de son travail dans les vignes et au chai. Il ressentira une joie immense à vous expliquer ses méthodes de travail.

C’est ainsi que commence le test de l’approche.

Bien qu’ayant convenu du rendez-vous avec Benjamin, c’est tout d’abord Patchi, son agent, qui nous accueille sur le parking en nous annonçant qu’il ne sait si Benjamin pourra se rendre disponible pour nous recevoir. Nous restons un instant à discuter avec lui sur l’immense perron du chai récemment construit selon les préceptes du vigneron ; un outil de travail au service de la création de ses vins.

De loin, mon œil s’égare et capte une casquette derrière une fenêtre. Je nous sens observés. Nous continuons la discussions avec Patchi qui nous posent quelques questions tout en nous observant. C’est un homme de grande stature, fin et élégant tout de noir vêtu. Son blouson en cuir ceintré donne néanmoins une note non conventionnelle qui augure de la suite quelque peu rock’n roll. Quand tout à coup, son téléphone sonne. Il répond et quelques secondes se passent lorsque Benjamin apparaît. Une casquette à grande visière bien calée sur des cheveux longs et frisés cache une partie de son regard. Un corps dense et charpenté dévoile son appétit pour la vie. Plutôt taiseux, l’œil perçant, les présentations se font. Il nous observe, nous annonce ne pas avoir beaucoup de temps à nous consacrer. Il nous écoute parler en s’étonnant de la qualité de notre pratique de l’espagnol. Je lui explique mes ancêtres espagnols et la vie que nous avons eue dans ce pays. Puis il nous demande : « Vous voulez aller voir les vignes ? »

L’espace d’une seconde nous nous regardons et sans hésiter nous acquiesçons. Cela fait plusieurs mois que je passe la plupart de mes journées de travail auprès des vignes et du chai de la propriété de Saint Emilion. C’est là, entourée des garçons, dont le Maître de chai, que j’ai appris le vin. Je sais donc que pour faire un bon vin, tout commence par le soin apporté aux vignes. C’est un énorme travail physique qui demande aussi une bonne capacité d’observation ainsi qu’un ressenti affûté des éléments naturels.

Tous les vignerons se jugent non seulement à la qualité gustative de leur vin mais aussi à l’aspect de leurs vignes et au travail qu’ils y investissent. Il leur faut être bien taillées, en plaine santé, le feuillage réparti d’une certaine façon autour du cep et les différentes variétés d’essences bien représentées selon les appellations. Toutes les attentions qui y seront portées de l’hiver jusqu’au printemps favoriseront la qualité des fruits récoltés durant l’été. Un travail de patience et d’extrême humilité. Car, en quelques minutes, le travail d’une saison peut partir en fumée. Et ce, sans préavis. Je sais toute l’énergie dépensée à la vigne, tout le cœur investit et la paix qu’il y règne.

Ce que nous ignorions, c’est que pour ces mêmes raisons, Benjamin choisit les gens qu’il autorise à vendre ses vins. Ceux-là même qui prendrait plaisir à mettre les pieds dans la terre et observer la beauté de ses vignes. Nous voilà donc partis à la découverte des différentes petites parcelles disséminées de par et d’autre autour de leur village natal, San Vicente de la Sonsierra. Calés à l’arrière du camion, nous écoutons attentivement toutes les explications de Benjamin au sujet de chacune des parcelles. Certaines sont dans la famille depuis toujours, entretenues par lui est son père. Les autres appartiennent à d’autres familles du village. Il connaît chacun des hommes et sa façon de tailler ses vignes. Il nous raconte la spécificité de chaque situation géographique par rapport à ce village vallonné et les qualités gustatives que les baies produites apportent à chacun de ses vins. Tel un Chef cuisinier, il semble connaître les propriétés de chacun des ingrédients qu’il a à sa disposition et maîtriser les proportions pour chacune de ses créations.

Tout a son importance. Tout d’abord, la taille des vignes. En Rioja, elle est en gobelet. Sans palissage, l’ensoleillement associé à l’air qui passe est facilité. Ce qui lui donne une information sur la bonne santé de ces dernières, c’est lorsque les oiseaux y font leur nid en leur centre. Cela donne une sensation d’une viticulture très naturelle. Elles sont toutes entretenues à la main. Les produits stabilisateurs sont extrêmement limités dans le processus de vinification. Y compris par rapport aux normes biologiques. De plus, la proximité d’une parcelle avec une autre essence végétale confère des arômes spécifiques aux raisins dont ils sont issus. Par exemple, le fait de positionner des ruches sur une parcelle entourée de variété de thym, apporte les mêmes arômes aux raisins qu’au miel.

Benjamin et Patchi ont grandi dans ce village. Ils connaissent les techniques ancestrales et manuelles qui continuent d’être utilisées ici. Il achète une partie du raisin aux propriétaires des parcelles qu’il a sélectionné. Traditionnellement, chaque famille a sa parcelle de vigne qu’elle entretient et qui se retransmet de génération en génération. Benjamin finit par nous emmener voir une des parcelles qui lui appartiennent. Nous descendons du véhicule et entamons le chemin de terre vers le haut de la petite colline. C’est une parcelle qui est particulièrement arpentée et physiquement difficile à vendanger. Mais c’est celle qui donne les meilleurs raisins. A peine arrivée à moitié du chemin, un molosse se plante devant moi en aboyant. Les hommes sont derrière moi mais Benjamin lui assène un « Tranquilo guapo ! ».

Le Leonberg m’arrive à la poitrine et ne semble pas faire cas de son maître. C’est une force de la nature. Je le regarde dans les yeux, puis sa robe. C’est un jeune mâle imposant qui n’a rien d’agressif. Juste l’instinct de l’Alpha ! Il vient vers moi et ne bouge plus. C’est le gardien de ces vignes et semble autoriser ou non le droit de passage. Je tends la main et commence à lui parler. Il accepte mes caresses et finit par m’accompagner sur le reste du chemin. Le deuxième test semble passé avec succès ! Nous finissons par accéder au reste de cette parcelle. Un havre de paix entouré d’arbres. Benjamin nous raconte qu’il passe tous ses étés ici entouré de femme, enfants et amis. Les pique niques dans cet antre sacré semblent avoir plus de valeur que les lieux prisés VIP de San Sebastian situé non loin d’ici.

Le ton est définitivement donné ; ce qui a de la valeur ici, n’est pas l’apparence et la superficialité. Lorsqu’on créé des produits qui demandent du temps et de l’attention, lorsqu’on choisit avec soin des matériaux de qualité, qu’on écoute le vin se faire, il est primordiale de créer des liens humains profonds. La confiance règne mais doit se gagner.

La prochaine étape sera la découverte du nouveau chai conçu par Benjamin. Un univers ou le silence et la quiétude sont rois. Structure de béton entièrement végétalisée encastrée à flan de colline. L’idée originelle est que de loin elle passe inaperçue, jouant le jeu de l’autre versant, son prolongement. Ce lieu est complètement intégré au milieu des formes et de la nature du village. Tout est prévu pour accueillir le raisin aussitôt après avoir été vendangé. La table de tri est située en accès direct aux véhicules qui arrivent de chaque parcelle. Le cheminement des baies est tracé et « timé ». Il faut aller manuellement le plus vite possible sans brusquer l’alchimie des fruits et favoriser le processus de vinification qui suit. Illico presto, hommes et femmes en connexion technologique instantanée seront sur le pied de guerre pour prendre soin de ces baies qui passeront ensuite l’étape des cuves de fermentation situées à proximité.

 

A partir du cuvier, la pénombre commence à envahir l’espace jusqu’à la salle des barriques, lieu de vieillissement du vin. Le long couloir qui les sépare a été conçu avec un léger dénivelé. Ainsi, le transfert des jus effectué sans pompe par un système de tuyauterie peut se réaliser naturellement sans brusquer le vin entre les processus de fermentation et des malolactiques. Grâce à un système de petites ouvertures cylindriques situées à ras le sol, la salle des barriques a accès à la terrasse extérieure entièrement végétalisée avec les différentes essences de plantes locales. De telle sorte que, lorsque sont extraits ces gros bouchons de béton pour renouveler l’air du chai, le vin continue d’être imprégné des mêmes effluves que sa vigne originelle.

Benjamin est attentif à chaque détail. Les espaces sont créés de telle sorte qu’une sensation de paix et de sérénité s’installe. Il est important que l’état d’esprit des personnes qui travaillent à faire le vin soit positif et apaisé. Benjamin le sait et y veille. Il sait instinctivement que tout ce tout est énergie et que pour créer de la qualité, il faut savoir créer une énergie de qualité. C’est un homme de la terre. Il regarde et écoute la nature, les animaux et les hommes. Il les observe et ressent. Il est conscient de cette valeur, de la valeur des choses, de la valeur de chacun. Il sait que tout est déjà là si nous savons le reconnaître, et que la qualité de notre pouvoir de création réside dans notre capacité à communier avec le vivant, en commençant par nous-mêmes, et de le respecter profondément. L’exigence et la foi sont de puissants garants de réalisations hautement qualitatives. Mais derrière tout cela, il y a une chose fondamentale sans laquelle rien n’aurait pu se faire, la clé de la vie. Le secret du succès, quelque soit la nature de l’entreprise, et que l’on retrouve dans les détails les plus infimes de la vie.

Il se fait tard et nous avons faim. Le courant est bien passé avec Benjamin et Patchi. Nous finissons de visiter le reste de la bodega alors qu’ils me posent des questions au sujet de mes grand-parents espagnols qui ont fuit le franquisme en 1936. Je leur raconte la vie sans éducation scolaire mais proche de la culture de la terre de ma grand-mère dans les Pyrénées aragonais. Son frère aîné était le dernier fabriquant de cuillères en bois du village. Je leur raconte l’érudition de mon grand-père me récitant des poèmes de Federico García Lorca et de son origine d’une famille bourgeoise et militaire à l’histoire fortement impactée par Franco. Son père, haut gradé dans l’armée espagnole durant la guerre civile, était responsable d’une caserne.

A ce titre, mon grand-père et sa fratrie ont pu bénéficier de la scolarité privilégiée réservée à leur classe sociale ; chez les jésuites ! A cette époque, la délation était monnaie courante pour les gens certains de détenir le modèle de pensée et de comportement jugés « valable» et l’église catholique espagnole n’a pas les mains propres dans l’histoire ! Toute dénonciation débouchait via la caserne de la Guardia Civil sur l’arrivée surprise nocturne de ses membres dans la maison. Cela finissant indéniablement au pose et sur le peloton d’exécution, sans autre jugement. Je leur raconte comment, après avoir essuyé plusieurs désertions de familles lors de « descentes » suite aux dénonciations, la Guardia Cicil en a conclu qu’un indicateur prévenait les familles avant leur arrivée. Ils sont remontés jusqu’à mon arrière grand-père qui a fini par être arrêté, puis fusillé.

Je me souviens de mon grand-père me racontant que son père était décédé en 1975. Se sachant condamné, il avait souhaité voir ses enfants sur son lit de mort. Aucun d’eux n’étaient assuré de pouvoir revenir en Espagne sans être emprisonnés. Auncun d’eux n’a revu son père avant son décès. Un de ses fils, frère de mon grand-père, était quelques années plus tôt rentré dans les ordres et nommé à Ceuta au moment du putch de Franco. Ce dernier est arrivé par le Maroc d’où il avait organisé son coup d’état afin d’installer la dictature que nous officialisons aujourd’hui. Au moment du putch, conscients de l’aspect anticonstitutionnel, un certain nombre de militaires n’avaient souhaité valider la prise de pouvoir de cet homme. Seulement lorsqu’on fait partie d’une organisation institutionnelle et hiérarchique comme l’armée, il est compliqué et extrêmement courageux de s’opposer directement à des membres hautement gradés.

Le frère de mon grand-père a vu arriver l’homme par sa province avant qu’il n’atteigne la capitale. Il a émit son désaccord quant au soutien moral qu’il apportait à cette entreprise. Du jour au lendemain, dénoncé et emmené à la caserne, sa trace fut perdue. Après avoir séjourné en prison, sa disparition a du être constatée. Son fils Fernando Arrabal, alors âgé de quelques années au moment des faits, a toujours souffert de la disparition de son père et se souvient des trous que sa mère avait laissés sur toutes les photos familiales où son mari apparaissait. Dénoncé par son épouse, fervente catholique pratiquante persuadée du bien fondé de l’entreprise « spirituelle » du Général Franco, son corps n’a jamais été retrouvé. Son fils est devenu un des écrivains et scénographes reconnus ayant participé à la création des mouvements artistiques surréalistes présents en France, dont faisait partie Alejandro Jodorowski, en réponse à la dictature installée dans leur pays d’origine. Parmi ses nombreux ouvrages, celui qui a signé son arrêt de mort est « Lettre au Général Franco ».

Fernando Arrabal est devenu un des ennemis publics du dictateur. Au court de son œuvre littéraire et théâtrale, il a parfaitement décrit la schizophrénie ambiante qui régnait au sein des familles espagnoles coincées dans un fanatisme religieux et morbide. Cette phase de l’histoire espagnole est profondément ancrée en chacun de ses citoyens. Elle a généré beaucoup de souffrances et est encore loin d’être réglée. Aujourd’hui encore, l’intention même officielle, de lever des « charniers » officieux dont beaucoup connaissent l’existence se voit opposer une levée de boucliers massive. Un déni social s’est instauré !

Benjamin et Patchi font partie de ces familles qui ont lutté à leur niveau contre le franquisme et savent ce qu’il en coûte. L’exode forcé, la mise à l’index, l’isolement, le risque de mort imminente suite à la médisance ou la jalousie de certains, les valeurs humaines en prennent un coup. Il en résulte chez eux une profonde énergie de vie. Comme s’il y avait cette conscience profonde de ce qui est important, de ce qui compte vraiment. Il y a cette notion que la beauté peut être créée par n’importe quel individu, quel que soit son origine sociale, son éducation et son apparence. Le diable pouvant se cacher sous les meilleures intentions, derrière les plus beaux habits, l’important pour un homme réside dans sa capacité à évaluer l’autre avec son cœur. J’ai touché du doigt l’essence même de la création. Lorsqu’on aperçoit Benjamin, on n’imagine même pas qu’il puisse être le créateur de tout ça. Il faut le gagner, aller le chercher. Lui et Patchi sont un mélange d’élégance rock’n roll, de sensibilité animale, d’intellectualité anticonformiste, d’anarchisme dont la seule religion est celle de la terre et du vivant.

Ils nous emmènent manger chez une des meilleures tables locales. Nous dégustons mets et vins tout en continuant de nous découvrir. Une après-midi fabuleuse à écouter de la musique et découvrir des artistes talentueux ! Pour moi, le clou du spectacle ne tardera pas à arriver. Lorsque nous revenons à la bodega, il fait déjà nuit. L’illumination est harmonieusement intégrée à la végétation.

Benjamin a encore quelque chose d’important à nous montrer. Il nous propose de venir déguster son grand vin dans le chai de vieillissement qui lui est dédié. Nous accédons en voiture à une colline en face de la bodega. A quelques mètres de là, une entrée qui passerait inaperçue. Il place la clé dans la serrure puis nous invite à pénétrer dans ce qui paraît être une cachette à flan de montagne. Une antichambre nous accueille tout d’abord. Benjamin nous explique qu’il y a des siècles de cela c’était la place de celui qui comptait les amphores de terre dans lesquelles était stocké le vin avant qu’elles ne soient placées sous terre pour le vieillissement. C’est celui qu’on nommait « Contador ».

Nous empruntons les quelques étroites marches qui mènent à la fameuse cave de vieillissement. Je ressens que cet endroit est quasi religieux. Sous terre, il bénéficie d’une belle vibration. On s’y sent bien. La lumière est douce et les quelques barriques du précieux nectar semblent reposer en paix. La rangée de fûts est consciencieusement alignée sur un sol de cailloux. Les parois en pierre indiquent que nous sommes au cœur de la colline. Benjamin nous sert le nouveau millésime. Nous le dégustons religieusement, prenons le temps de le sentir tout en captant l’énergie du lieu dans lequel il a grandi. Je me laisse emporter par la variété des nuances d’arômes tout en écoutant Benjamin associer l’élégance d’un grand vin à celle d’une femme. Les attributs esthétiques d’une belle femme ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux d’une femme qui fait montre de grande élégance. Tout le monde n’a pas la capacité de l’apprécier à sa juste valeur. C’est à ce moment précis que mon regard se pose sur un texte écrit au néon rouge au fond de la cave. Benjamin m’explique que c’est une amie artiste qui adore son vin qui lui a offert. Cette phrase toute simple sonne comme la synthèse de tout ce que je ressens au fond de moi. C’est la clé de la vie. La clé de la création. Celle sans qui nous ne pourrions avancer. Cette phrase dit :

El arte supremo es el amor !

L’Art le plus noble, c’est l’amour ! La clé de la création, de la vie est l’amour. Sans amour, rien n’est profond. Sans amour, pas d’enracinement, pas d’ancrage. L’évolution et l’élévation ne peuvent se faire. La construction n’a aucune stabilité et ne peut pérenniser. Sans profondeur, pas d’avenir. Le présent reste superficiel. Le temps installe les racines en profondeur. Le temps installe l’amour présent et tout ce qui existe véritablement. Le temps ne fait rien d’autre que cela. Il ne laisse rien passer, il n’est pas oubli. Il y a ce qu’on croit et ce qui est véritablement. Le temps valorise uniquement l’amour véritable. Le reste disparaît à jamais et n’aura servi qu’à atteindre le chemin d’el Arte supremo !

 

Cet article est fortement inspiré par : 

La vie…

Photos : Cécile Ricolleau

 

Cet article intitulé : "El arte supremo es el amor !" ( https://cecilericolleau.fr/2017/08/el-arte-supremo-es-el-amor/) a été écrit par Queen Belili le 23 août 2017 et publié sur Cécile Ricolleau - Hypnologue - Thérapie Quantique.

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