De toutes les questions que la majeure partie d’entre nous se pose sur l’amour en couple, la seule fondamentale que nous occultons est : « Et moi, est-ce que je m’aime ? ».

Lorsque la plupart des ouvrages et discours de développement personnel nous enjoignent d’être un peu égoïstes en nous invitant à penser un peu plus à notre propre bien-être, c’est la notion d’amour de soi qui est valorisée. Il est délicat de mettre en avant l’égoïsme au risque qu’il soit mal interprété. En fait, il s’agit de comprendre l’importance de s’aimer soi-même pour pouvoir ressentir l’amour et ainsi être capable d’aimer en retour. Cependant, un constat affligeant se fait chaque jour ; la plupart des gens ne s’aiment pas eux-mêmes.

Bien entendu, si nous posons la question à un certain nombre d’individus, il y a de grandes chances pour que la réponse soit : « Ben oui, je ne suis pas mal, j’ai une bonne situation, un bon job, je vis dans un endroit sympa… ». Afin de savoir si la réponse correspond vraiment à ce que nous ressentons profondément, il est important de dissocier la zone de notre esprit qui répond à la question ; s’agit-il du mental (ego) ou de l’inconscient (cœur) ? Le mental ne se base pas sur les mêmes critères pour évaluer le ressenti général. Ses valeurs à lui sont à des milliers de kilomètre des valeurs de l’inconscient. Or, nous vivons dans un pays qui a depuis longtemps érigé en principe de toujours nous en remettre au mental concernant toutes les perceptions du monde extérieur ainsi que pour les prises de décisions qui en découlent.

Merci Descartes ! Le mental, ou l’ego, est un outil indispensable et formidable pour nous aider à mettre en œuvre le mieux et le plus rapidement possible tout ce qui est nécessaire à l’accomplissement de nos objectifs inscrits dans la matière (gestion de nos agendas, événements professionnels, sociaux et amoureux, organisation des vacances, des enfants, élaboration de stratégies en tout genre pour nous sortir de situations stressantes…). Il nous permet de nous défendre contre une éventuelle mise en danger physique ou psychologique extérieure en déployant toute la panoplie des actions associées pour nous libérer d’un piège. Voilà pour quoi lui faire confiance. C’est notre pensée analytique. De là à lui confier le reste, c’est-à-dire les choix de vie, la gestion des émotions, l’analyse des ressentis amoureux et amicaux, etc., c’est comme se laisser conduire par quelqu’un qui n’a pas son permis.

Toute la journée, plusieurs fois par jour et dès que nous nous réveillons, notre mental est envahit par d’innombrables pensées de toutes sortes. Que nous soyons accompagnés ou seul, en réalité nous ne sommes jamais seuls. Ces pensées peuvent être critiques vis à vis de nous-mêmes ou bien des autres. Elles génèrent alors une perturbation en nous.

Il n’y a aucune raison de croire que nos pensées correspondent à la réalité. Au fil de la journée, des pensées surgissent comme des éclairs dans la nuit. Elles ne sont rien d’autre que de vague tentatives de déterminer ce qui se passe en vous et autour de vous. Quand vous êtes en quête d’amour et d’approbation, de nombreuses pensées ont pour but de déchiffrer le comportement des gens que vous aimez ou d’échafauder des théories sur ce qui se passe dans leur tête

Byron Katie

Nous n’avons pas appris qu’il est inutile de s’attacher à des pensées négatives car elles ne sont pas forcément la réalité. C’est le fait que nous y croyions qui finit par les faire se réaliser. Les études neuroscientifiques dévoilées récemment ont démontré que l’esprit a le pouvoir de donner vie à une pensée dans la matière ; s’il croit à quelque chose, il en aura la preuve systématique dans la réalité. D’où l’intérêt d’apprendre à observer nos pensées perturbantes et de nous demander systématiquement si elles sont « vraies » en les mettant à l’épreuve d’un certain nombre de questions. Car souvent, pour ne pas dire à chaque fois, elles sont issues de notre interprétation illusoire du monde basée sur la croyance que nous ne sommes pas « aimables ».

Nous avons le pouvoir de transformer ces pensées. Or, la prise de conscience du pouvoir de transformation de ce processus ne se situe pas dans la zone de la pensée analytique (mental). C’est pourquoi il nous arrive de vivre « en dehors » de qui nous sommes et de ce que nous ressentons vraiment. La meilleure façon de nous rapprocher de notre être authentique est de nous connecter aux zones de notre cerveau susceptibles de nous transmettre les bonnes informations, les bons ressentis. L’inconscient joue ce rôle. Il est possible de le solliciter via certaines techniques. Mais la façon naturelle de nous mettre en contact avec nos ressentis est l’intuition.

En réalité, nous sommes tous profondément mus par une quête d’amour : depuis notre plus tendre enfance nous consacrons beaucoup de notre énergie à la poursuite effrénée de l’appréciation et l’approbation des autres. Nos parents d’abord, puis notre famille, nos amis, nos enfants, notre chef, nos collègues et enfin notre compagnon amoureux. Nous usons de différentes méthodes pour plaire, nous faire remarquer, impressionner autrui et ainsi conquérir leur amour. Dès le départ, nous partons du postulat que l’amour est à l’extérieur de nous et que nous ne pouvons le vivre que si quelqu’un nous l’apporte. Qui plus est, nous croyons devoir faire beaucoup d’efforts pour obtenir cet amour d’autrui. En aucun cas l’idée que quelqu’un puisse nous aimer pour ce que nous sommes, sans acte précis, ne nous traverse l’esprit. C’est ce que nous appelons des croyances limitantes. Or, les pensées qui traversent notre mental à tout instant ne font que renforcer ce phénomène. L’esprit étant ainsi fait qu’il finit toujours par valider ses croyances par des faits concrets dans la matière.

Renversons donc la vapeur maintenant. En prenant conscience de ce phénomène, il nous est facile de comprendre que notre erreur réside dans le fait que nous entretenons un mauvais rapport avec nos pensées.

Votre relation la plus intime est celle que vous entretenez avec vos pensées

Byron Katie

Nous ne sommes pas affectés par ce qui nous arrive mais par les pensées que nous nourrissons sur ce qui nous arrive. Rien d’extérieur n’a le pouvoir de nous perturber. Nous souffrons uniquement lorsque nous voulons que les choses soient différentes de ce qu’elles sont

Epictète

Choisir d’être conscient de cela amène à se rendre compte qu’au fond, ce qui nous taraude c’est la peur de manquer d’amour. Toutes les pensées non dites et sous-jacentes de beaucoup de situations qui nous angoissent existent en chaque personne. La quête d’approbation occupe une très grande partie de notre vie. Ces pensées angoissantes tournent autour de la même idée : « Elle me rejettera si elle voit qui je suis vraiment », « Je ne peux pas être heureuse si personne ne me remarque ». Chaque occasion, chaque situation d’interaction avec autrui se transforme en occasion d’impressionner une ou plusieurs personnes en particulier. Une réunion de travail se révèlera être une entreprise de séduction pour un directeur de passage, une réunion d’amis virera au concours et nous poussera à devenir, à notre façon, le centre de l’attention générale et à adopter le comportement « validé » par le groupe, un rendez-vous amoureux se transformera en show circassien de type « Regarde-moi !, tu as vu comme je suis une belle femme, intelligente et super cool… ». Nous nous comportons alors comme un gosse en manque.

Observez et amusez-vous à détecter chez vous et chez les autres toutes les pensées cachées derrière chaque situation. Vous serez surpris de constater que dans la plupart des cas ces pensées sont issues de notre peur de manquer d’amour. Mais cet amour est déjà en nous ! Nous pouvons choisir de le libérer en cessant de tout faire uniquement dans le but de plaire, d’influencer ou de contrôler quelqu’un, ou pour obtenir ou garder quelque chose. Mettons systématiquement ces pensées en doute.

Apprenons à nous dégager de cette croyance qu’il faut gagner la faveur des autres pour qu’ils vous aiment. Et les pensées associées disparaîtront avec. Agir avec la peur nous éloigne de l’amour. Chaque pensée stressante nous éloigne d’autrui. Nous sommes tous uniques avec une histoire particulière et c’est ce qui fait notre richesse. Nous avons tous plus ou moins vécu des moments difficiles, que ce soit durant notre propre vie ou bien celle de nos lignées familiales. Notre job, c’est de nous choyer nous-mêmes comme on le ferait pour un petit enfant dont on aurait la responsabilité ; on se préoccupe de son confort, on le soigne lorsqu’il se blesse, on le réconforte lorsqu’il s’est senti rejeté par ses copains, on le rassure sur son potentiel et sa capacité à s’élever et progresser afin qu’il continue de garder la foi et la motivation d’avancer…

Considérons alors qu’il nous est important de choyer cet enfant comme si c’était nous. Considérons-le comme notre enfant intérieur. Aimons-le, prenons-en soin et guérissons-le de ses blessures. Vous viendrait-il à l’idée de laisser un enfant continuer de marcher avec des plaies encore ouvertes et vous étonner qu’il n’avance pas aussi bien et qu’il ait l’air sombre et préoccupé ? Alors, pourquoi le faire pour nous ?

C’est en embrassant nous-mêmes notre enfant intérieur que nous l’aimons sans réserve. Cette attitude nous met sur la voie de l’amour de soi et met un terme à la quête extérieure génératrice d’angoisse et de comportements faux. Un jour survient alors, où nous commençons à dire « Merci » non plus uniquement par politesse mais en ressentant une réelle gratitude.

Quand vous ressentez une gratitude réelle, cela se sent, sans effort. Qu’autrui le remarque ou non, c’est son affaire. Mais s’il le perçoit, il reçoit un cadeau d’autant plus grand : ce ne sont pas des petits mots ni des gestes convenus, mais de la gratitude même. Les gens s’ouvrent tout grand en présence de la gratitude. Ils ont soudain envie de tout donner. Les choses échappent à tout contrôle, et l’amour surgit.

Byron Katie

Entreprendre ce chemin, c’est commencer à accéder à sa propre complétude. Il est impossible d’aimer vraiment autrui sans s’apprécier soi-même. 

Cet article est fortement inspiré par : 

Mes lectures personnelles, l’ ouvrage de Byron Katie, « J’ai besoin que tu m’aimes, est-ce vrai ? » – Ed. Guy Trédaniel Editeur

Photo : Benoît Mortreux

 

Cet article intitulé : "Ma complétude à moi !!!" ( https://cecilericolleau.fr/2017/05/ma-completude-a-moi/) a été écrit par Queen Belili le 7 mai 2017 et publié sur Cécile Ricolleau - Hypnologue - Thérapie Quantique.

Vous aimez cet article, partagez-le dans son intégralité en citant la source et l’auteur !!!


Laisser un commentaire