Déjà toute petite, j’aimais l’univers des garçons. Fille unique née de l’union de deux êtres tombés jeunes en amour, j’ai essentiellement évolué dans un univers d’adultes. Peu d’autres enfants autour de moi, donc. Excepté mon cousin, de cinq ans mon aîné, et un jeune oncle avec qui je passais l’essentiel de mon temps de vacances scolaires.

Je les suivais à peu près partout dans leurs activités avec leurs amis masculins. Et j’aimais ça ! Je les écoutais parler avec leur langage de « mec » et les observais évoluer dans des univers que je comprenais culturellement dédiés aux hommes. Rien d’ambiguë, car je les sentais quelque peu censurés par ma jeune présence féminine.

Avec l’école et en famille, j’ai vite fait le parallèle avec ce qu’on avait l’habitude de proposer aux filles. Les activités et les jeux qu’on leur attribue généralement m’intéressaient mais je ne comprenais pas pourquoi certains n’étaient pas communs aux garçons

Lorsqu’il était temps de mettre la table ou de débarrasser, c’était moi que ma grand-mère sollicitait systématiquement. De même que quand le choix des études supérieures s’est présenté, elle m’a bien fait comprendre qu’il n’était pas bienvenu que je m’y attarde trop, ni que je choisisse une voie trop intellectuelle et diplômante.

Le premier constat de la séparation culturelle des genres était fait ! Et celui que les activités des garçons étaient souvent bien plus intéressantes que celles des filles

Dès que j’ai commencé à faire l’expérience des liens sociaux entre filles, je me suis vite rendu compte de l’instabilité de leurs comportements. J’aimais l’univers élégant et créatif dont nous faisions preuve. Cependant, j’avais du mal à comprendre la concurrence qui pouvait opérer à certains moments entre elles. Particulièrement le fait qu’ils arrivaient sans crier gare. Une concurrence néfaste et pernicieuse qui s’instaure pour toujours.

La sensation consciente que la critique la plus rude envers une femme provient d’une autre femme était désormais assimilée !

Personnellement, j’appréciais le fait de passer d’un univers à l’autre, invitant au passage certains de mes amis à faire de même.

Ainsi, très tôt nous constituions des petits groupes mixtes et unis. De cette époque, je me rappelle n’avoir eu que deux « fiancés » qui le sont restés un certain temps. Je n’ai jamais été une séductrice de garçons. Je me sens juste plus à l’aise avec eux et ils me le rendent bien. Surtout ceux qui font preuve, ouvertement ou de façon plus pudique, d’une grande sensibilité. Et je me rends compte aujourd’hui que j’ai autant d’amis hommes que femmes.

Les femmes qui font partie de mon cercle aujourd’hui sont instinctives et intelligentes. Je ne me sens pas en concurrence avec elles car leur attitude est claire et bienveillante. Si c’était le cas, je fuirais la relation. Ce ne sont pas leurs atouts sexuels qu’elles mettent en avant. Elles mènent leur vie de façon autonome, n’hésitant pas à vivre seule si c’est nécessaire. Elles s’impliquent vraiment dans l’éducation de leurs enfants lorsqu’elles en ont, ce qui ne les empêche pas d’évoluer professionnellement et socialement de façon positive. Plus ou moins facilement selon les cas. Elles savent faire la part des choses entre leur évolution personnelle et celle de ces derniers. Ils apprennent à gagner en autonomie alors que leur mère travaille dur pour la sienne. Leur instinct maternel est développé mais la conscience qu’ils sont voués à voler un jour de leurs propres ailes est bien présente. Dans les grandes lignes, ce qui les importe, c’est de ne pas faire sentir à l’homme qui se présente dans leur vie, qu’il est uniquement là pour assurer la survie économique et matérielle de la famille. Elles souhaitent être aimées dans toute leur vulnérabilité et forces.

Mes amis hommes, quant à eux, sont sensibles et aiment parler. Il n’ont pas vraiment de tabous et parlent facilement des femmes. Ce que j’aime chez eux, c’est que bien que socialement et professionnellement confortablement situés, ils n’ont pas peur de montrer leur vulnérabilité. Peut-être qu’ils sentent que j’aime les écouter et le respect que je peux avoir pour leur sensibilité les rend propice à la confidence.

Souvent, leurs doutes face à la vie de famille, leur femme ou leur job, sont proportionnels à l’étendu de leurs responsabilités. Ils ont finalement les mêmes questionnements que certaines femmes. Simplement, ils les expriment autrement.

S’il y a une chose que j’ai pu constater, c’est qu’il faut savoir créer un espace de confiance pour qu’un homme se livre. Avec beaucoup d’humour et sans jugement sur l’ensemble de la gente masculine.

L’attitude féminine est primordiale aussi. Personnellement, j’ai la sensation que beaucoup de femmes règlent leurs comptes avec ce qu’on leur a appris des hommes. Certes, elles ne se retrouvent pas respectées dans ce qu’elles ont vécu avec certains d’entre eux.

Mais tout cela est en fait une question de programme mis en place par notre société patriarcale ; elles ont la responsabilité de la maison et de la famille au détriment de leur vie professionnelle. Excepté si elles gagnent bien leur vie, elles se retrouvent souvent à faire des choix, quelquefois de bon sens, en faveur de la garde de leurs enfants car leur salaire fait rarement le poids dans la balance ! De ce fait, l’homme pourvoit à la plus grande partie des revenus financiers et matériels. La société, accepte mal que ce soit l’inverse. J’ai même vu des femmes juger sévèrement une des leurs dans sa volonté de déléguer son rôle de maîtresse de maison ou maman à son homme ou une tierce personne.

Elles sont souvent les premières ennemies de la femme souhaitant reprendre son pouvoir

Les femmes ont beaucoup à réaliser en matière de prise d’indépendance. Et elles ont besoin des hommes pour ça ! Pas d’un homme qui les juge ou qui est rassuré de la voir rester à la maison. Certainement pas ! En revanche, un homme qui leur montrera la voie du détachement familial à certain moment de sa vie afin qu’elles puissent s’épanouir dans un autre univers et développer leurs compétences, sera le bienvenu. Qui pourra leur apprendre à prendre certains risques, à oser aller jouer sur un terrain encore inconnu sans qu’il soit nécessaire d’en maîtriser tout le savoir-faire. Regardez un homme évoluer dans un univers particulier, et vous comprendrez que tout est question d’attitude : pas de doute, on y va et on réfléchit ensuite !

Mesdames, apprenez à oser, couper le cordon familial et à arrêter de penser que vous n’êtes pas à la hauteur du reste de l’univers. Messieurs, apprenez à partager les responsabilités familiales avec elles afin qu’elle se sente disponible et soulagée d’aller explorer d’autres mondes. Vous dire que les activités infantiles et domestiques ne sont épanouissantes pour personne, y compris les femmes n’est absolument pas un scoop. Et une femme n’est pas une mauvaise mère parce qu’elle fait garder ses enfants et qu’elle n’est pas systématiquement là à tous les rendez-vous scolaires !

Peut-être que le jour où les salaires entre hommes et femmes seront égaux et qu’il soit accepté par tout le monde qu’un homme reste à la maison pour s’occuper de ses enfants sera favorable à un changement ? Regardons les pays du nord de l’Europe…

Retroussons nos manches et changeons de mentalité !

Cet article est fortement inspiré par :

moi depuis un bon moment !

Photo : Benoît Mortreux

Cet article intitulé : "L’éducation, source de déséquilibre Homme – Femme ?" ( https://cecilericolleau.fr/2016/09/leducation-source-de-desequilibre-homme-femme/) a été écrit par Queen Belili le 21 septembre 2016 et publié sur Cécile Ricolleau - Hypnologue - Thérapie Quantique.

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