« Quand vous prenez conscience que tout autour de vous, chacun a des plaies infectées de poisson émotionnel, vous comprenez facilement les relations qu’établissent les humains dans ce que les Toltèques nomment le Rêve de l’enfer. Dans une perspective toltèque, tout ce que nous croyons à propos de nous-mêmes et tout ce que nous savons sur le monde est un rêve.

Si vous regardez la description de l’enfer telle qu’elle est formulée par n’importe quelle religion, vous verrez qu’elle est identique à notre société humaine, à la façon dont nous rêvons collectivement. L’enfer est un lieu où l’on souffre, où règne la peur, un lieu de guerre, de violence et de jugement dépourvu de justice, un lieu de punition sans fin. On n’y voit que des humains dressés contre d’autres humains, au milieu d’une jungle de prédateurs ; des gens pleins de jugements, de reproches, de culpabilité, de poison émotionnel : l’envie, la colère, la haine, la tristesse, la souffrance. Nous créons ces petits monstres dans nos esprits parce que nous avons appris à rêver l’enfer dans notre existence.

Chacun d’entre nous crée son rêve personnel pour lui-même, mais les êtres humains nous ayant précédés ont créé un grand rêve extérieur, le Rêve de la société humaine. Le Rêve extérieur, ou Rêve de la Planète, est le rêve collectif de milliards de rêveurs. Celui-ci comprend toutes les règles de la société, ses lois, ses religions, ses différentes cultures et ses façons d’être. Toutes ces informations stockées dans notre esprit sont comme des milliers de voix qui nous parlent toutes en même temps. Les Toltèques appellent cela le mitote.

Notre soi réel est pur amour ; nous sommes la Vie. Notre vrai soi n’a rien à voir avec le Rêve, mais le mijote nous empêche de voir qui nous sommes vraiment. Lorsque vous voyez le Rêve sous cet angle et que vous avez conscience de qui vous êtes, vous voyez l’absurdité du comportement humain et cela devient alors amusant. Ce qui, pour les autres, est tout un drame devient pour vous une comédie. Vous voyez les humains souffrir pour des choses sans importance, qui ne sont même pas réelles. Mais au départ, vous n’avez pas le choix. Nous sommes nés dans cette société, nous grandissons en elle et nous apprenons à être comme tous les autres, agissant de façon absurde en permanence, avec un esprit de compétition dépourvu de sens.

Imaginez que vous puissiez visiter une planète où tout le monde a un corps émotionnel différent. Leur façon d’interagir est toujours joyeuse, toujours empreinte d’amour et de paix. Puis, imaginez qu’un jour, vous vous réveilliez sur cette planète-ci sans plaies sur votre corps émotionnel. Quoi que les gens puissent dire de vous, quoi qu’ils puissent faire, vous n’en faites pas une affaire personnelle et ça ne vous fait plus mal. Vous n’avez plus besoin de vous protéger. Vous n’avez plus peur d’aimer, de partager, d’ouvrir votre coeur. Mais personne n’est comme vous. Quelles relations pouvez-vous établir avec des gens qui sont blessés dans leurs émotions et malades de la peur ?

Lorsqu’il naît, l’être humain a un corps mental, émotionnel, totalement sain. A l’âge de trois ou quatre ans environ, les premières plaies font leur apparition et s’infectent de poison émotionnel. Mais si vous observez des enfants de deux ou trois ans, si vous regardez comment ils se comportent, vous verrez qu’ils jouent en permanence. Vous les voyez rire tout le temps. Leur imagination est puissante et leur façon de rêver est celle d’aventuriers explorateurs. Lorsque quelque chose ne va pas, ils y réagissent et se défendent, mais ensuite, ils n’y pensent plus et leur attention est à nouveau dans l’instant présent, prête à jouer à nouveau, à explorer et à s’amuser. Ils vivent le présent. Ils n’ont pas honte du passé ; ils n’ont pas peur de l’avenir. Les petits enfants expriment ce qu’ils ressentent et n’ont pas peur d’aimer.

Les moments les plus heureux de notre existence sont ceux durant lesquels nous jouons comme des enfants, nous chantons et dansons, nous explorons et créons, juste pour le plaisir. C’est merveilleux de se comporter comme un enfant, parce que c’est l’état normal de l’esprit humain, c’est la tendance humaine naturelle. Enfants, nous sommes innocents et il est normal que nous exprimions notre amour. Mais que nous est-il arrivé par la suite ?

Qu’est-il arrivé au monde entier ? « 

 

Extrait de « La maîtrise de l’amour », de Don Miguel Ruiz et Janet Mills – Ed. Poches Jouvence

Don Miguel Ruiz, né et élevé au Mexique par une mère curandera (guérisseuse) et un grand-père nagual (chaman), choisit tout d’abord de suivre des études de médecine pour devenir chirurgien. Une rencontre avec la mort (NDE) au début des années 1970, changea sa vie. Il étudia dès lors la sagesse ancestrale. Devenu nagual, il partage et enseigne les enseignements des anciens Toltèques. Il est l’auteur de l’incontournable Les Quatre Accords Toltèques, paru aux Editions Jouvence.

Photo : Benoît Mortreux

Cet article intitulé : "La maîtrise de l’amour by Don Miguel Ruiz" ( https://cecilericolleau.fr/2017/05/la-maitrise-de-lamour-by-don-miguel-ruiz/) a été écrit par Queen Belili le 31 mai 2017 et publié sur Cécile Ricolleau - Hypnologue - Thérapie Quantique.

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