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  • #3416
    Philippe Monnet
    Participant

    On a parfois envie de rouler à 180, parfois à 50, parfois, on s’arrête sur l’aire de repos, parfois sur la bande d’arrêt d’urgence.
    Mais notre chemin n’est pas une autoroute. Il n’est pas bitumé de façon à rendre notre conduite confortable entre 2 rails de sécurité.
    Non, sur notre chemin, il peut y avoir du bitume, de la terre, des pierres, des trous, des fossés, des ponts, des tunnels, des précipices sur le côté, et aussi des champs de fleurs, des forêts, des clairières, du soleil ou de la pluie, et parfois les deux, qui étonnamment, ensemble créent l’Arc en Ciel …
    Notre chemin, ce n’est pas regarder droit devant en attendant le péage, puis la sortie d’autoroute. Sur notre chemin, pas de rails de sécurité, tout est ouvert, tout est possible, toutes les rencontres si notre regard est assez large, émerveillé, curieux, et notre confiance assez grande pour se laisser aller à goûter ce qui se présente.
    Je me suis laissé aller à goûter, parfois me gaver jusqu’à l’indigestion, mais l’indigestion apprend la modération et la saveur subtile qui l’accompagne.

    Après une véritable 1ere renaissance il y a 30 ans, mes yeux grand ouverts, curieux et émerveillés m’ont amené à la fois à faire des recherches spirituelles et énergétiques en tout genre, et à vivre et découvrir dans le réel toutes sortes d’expériences, riches dans tous les cas. J’exprimais même à l’époque ma conscience que si je partais en voyage au Tibet, j’y resterais probablement … J’avais donc déjà conscience que j’avais besoin de vivre et d’expérimenter la vie dans sa globalité. Aurais je trouvé au Tibet la paix que je recherchais probablement inconsciemment à l’époque ? Pas si sûr en fait.
    Et comme un trait d’union entre mon monde spirituel et mon monde réel, l’amour s’est présenté… Enfin, l’idée que j’en avais. Il semble que déjà à ce moment, ma conception de l’amour entrait en dissonance avec celle véhiculée dans mon environnement.
    Et conduit par une hypersensibilité et un besoin de comprendre, une première introspection psychanalytique est venue chambouler un certain nombre de perceptions.
    La question déjà à ce moment était  » mais c’est quoi l’amour en fait ? »
    Les yeux ouverts et souriants de mon psy en disait alors long sur la probable pertinence de cette question… Sa réponse : » Ah c’est quoi l’amour ?….. Respect, confiance, liberté… »
    Une définition longtemps ancrée dans ma mémoire, et à l’époque pour moi, l’image même de valeurs dont je pensais être porteur envers les autres et que j’attendais des autres. Mais je n’avais pas envisagé et compris que le plus important eut été de porter ces valeurs envers moi même…
    Fort de cette décennie de découvertes très hétéroclites, l’homme que j’étais devenu avait développé une grande autonomie, harmonie et sérénité.
    Jusqu’à l’expérience d’une nouvelle histoire d’amour, d’une nouvelle vie en couple.
    Si l’harmonie et l’équilibre que je vivais et vibrais ont permis à notre couple d’évoluer sereinement pendant quelques années ( malgré la naissance de jumeaux 🤪😁), je me suis rapidement rendu compte que mon énergie équilibrait surtout ma femme en proie à tous les schémas déséquilibrés et auto destructeurs…
    Et puis une situation, puis une deuxième, m’ont renvoyé dans mes 22, en état de choc, d’incompréhension.
    Sans le savoir, je venais de laisser mon cœur ouvert à l’emprise d’une perverse narcissique, mais ça je ne l’ai compris que bien longtemps après. Autant de temps qu’il aura fallu pour perdre tous mes repères, toutes mes valeurs, toute ma confiance en la vie et bien sûr en moi même. On ne sort pas indemne d’une telle expérience, on en sort vidé de sa substance, avec le coeur fermé à double tour, et la peur comme seul compagne.
    Et puis une ouverture, une synchronicité, étonnante en juillet 2018.
    Des retrouvailles avec ma flamme, que je ne savais qu’elle était bien sûr, après 7 ans de séparation, malgré quelques rencontres sporadiques rapides et sans intérêt.
    Un repas gravé comme une redécouverte de mon cœur, la réalisation que j’étais passé à côté de tellement de choses de sa vie, de la mienne pendant tout ce temps. Et j’ai alors mis un point d’honneur à cultiver et entretenir à nouveau cette relation vieille de 20 ans.
    Depuis 2 ans, une évolution intérieure très puissante, exponentielle, à travers les rencontres et les expériences de la vie. Elle a été ma béquille d’abord, pour me relever et puis toujours dans la douceur et la joie qui caractérise nos échanges, celle qui me renvoie vers moi même. Et c’est bien là la différence d’avec ma vie de couple précédente.
    Un état d’esprit complètement différent jusqu’à que je fasse le lien avec ces vidéos de flammes jumelles qui sont arrivées vers moi en septembre 2019..
    Je n’ai fait le lien qu’en Avril dernier , au détour d’échanges très nourris, très ouverts avec ma flamme jumelle.
    Auparavant, ce  » concept » n’était pour moi que la représentation d’une unification intérieure entrée la masculin et le féminin sacrés, à l’image de l’évolution dans notre monde, tout autant qu’à l’intérieur de moi.
    Ce lien qui désormais portait un nom, m’a d’abord interpellé, presque mis en joie, mais en quelques jours, c’est tout le contraire qui s’est finalement présenté. Accompagné par une douleur de plus en plus forte, je dirais au niveau du plexus solaire, je me suis finalement écroulé un jour en me percevant dans l’attachement à cette femme, cette amie de 20 ans, qui je le savais, je le réalisais et je l’acceptais enfin, avait toujours été dans la tête et dans mon cœur, même pendant mon mariage.
    Ce sentiment d’attachement est vraiment terrible. A travers ce couple, le paradoxe de l’amour est grand, immense. Il nous amène vraiment à prendre conscience de l’expérimentation de ces amours si différents, même antinomiques.
    Se sentir à la fois attaché, sinon dépendant, alors qu’à d’autres moment c’est simplement l’Amour qui est là, sans attente, enveloppé d’un léger sourire intérieur, profond, tout cela crée une distorsion, un conflit même débilitant. Le plus terrible, c’est pourtant que l’amour attachement, demandeur est indéniablement souffrant, alors que l’Amour est léger et empreint de cette liberté inexplicable. Quel paradoxe, et même quelle cruauté ressentie dans la violence de cet apprentissage, de cette prise de conscience.
    Comme un signe, en 2009, j’avais créé ma petite entreprise, que j’avais appelée « Esprit Informatique »…
    Reprogrammer un ordinateur ça, je connais. Mais jamais je n’aurais pensé devoir reprogrammer mes mémoires personnelles, tellement largement et fortement inscrites sur mon disque dur…
    C’est un vrai travail, un nouveau travail, tellement important.
    Ce témoignage aujourd’hui, parce que j’écris toujours naturellement quand j’en ressens le besoin, comme un exutoire de l’âme, comme une façon de faire un bilan, de me parler aussi à moi-même en partageant mon expérience avec d’autres , comme vous, qui traversez peu ou prou les mêmes épreuves, les mêmes joies, qui êtes sur votre chemin de l’éveil, sur la route du couple 3.0 dont parle Cécile.
    Ça fait du bien de pouvoir partager cette histoire, de lire les vôtres.
    Ce que je retiens aussi, c’est que notre vigilance bienveillante doit nous amener à prendre conscience que les cailloux que l’on trouve sur notre chemin ne sont pas des armes pour nous auto lapider, qu’il nous faut déposer les armes et les laisser se faire envahir par les fleurs. Un parterre de fleurs propre à rendre à l’âme la possibilité de diffuser les essences fleuries qu’elle nous propose sur notre route vers l’Amour 3.0

    Prenez soin de vous

    Philippe

    #3427
    Céline Gicquiaud
    Participant

    Bonsoir Philippe,

    Merci pour le partage de ton histoire.

    J’aime beaucoup le tryptique « respect, confiance, liberté », on met du temps à réunir les trois 🙂 dans un sens ou dans l’autre.

    Le choc face à la perversion narcissique, ça me parle aussi.

    C’est au bord des nationales qu’on voit les oiseaux et les églises des petits villages (pas des autoroutes)…

    Bonne continuation

    Céline

     

    #3472
    Sylvie Pommier
    Participant

    Merci pour ce partage très touchant Philippe et très résonnant pour moi également, comme Céline.

    Ce que l’on étiquette comme « pervers narcissique », car c’est la mode et à l’époque où je l’ai vécu je le nommais ainsi moi aussi, ne sont que des êtres comme nous tous, en très grande souffrance malheureusement.

    Aujourd’hui, 3 ans après, mon regard à changé. Je remercie cette âme et je vois l’amour dont elle était porteuse afin de me réveiller, avec perte et fracas certes, mais me révéler enfin à quel point je ne vivais que pour l’autre, dans l’abnégation totale de moi-même tellement ma dépendance affective était puissante.

    Quant à la perte et les fracas, ils étaient à la hauteur de mon sommeil !

    Souvent on n’écoute ou n’entend pas les petites alertes. Puis elles s’amplifient et deviennent des alarmes que l’on entend peut-être toujours pas…

    L’épisode suivant est la détonation, qui réveille !

    Sylvie

    #3494
    Philippe Monnet
    Participant

    Je partage un texte que je viens de croiser sur Facebook…

    « Je n’ai pas besoin de toi,
    J’ai envie d’être avec toi.

    Je n’ai pas d’espaces vides à remplir,
    J’ai des espaces à partager.

    Je ne m’attends pas,
    À ce que tu me rendes heureuse,
    Je veux sourire de ta joie,
    Et te faire sourire de la mienne.

    Je ne suis pas à toi et tu n’es pas à moi.

    Je suis complète même sans toi,
    Tu es parfait même sans moi.

    Je ne mourrai pas si tu pars,
    Tu n’arrêteras pas d’être heureux si je pars.

    Je ne te charge pas de la responsabilité,
    De ma satisfaction personnelle,
    Je t’accueille comme miroir et messager,
    Je t’offre mes yeux,
    Pour enquêter dans les tiens.

    Je ne t’attache ni ne me laisse pas attacher,
    Par le besoin d’être aimée,
    Par la peur de l’abandon.

    Je ne suis pas seule sans toi,
    Tu n’es pas perdu sans moi.

    Nous sommes deux merveilleux,
    Et précieux univers,
    Complets,
    Parfaits,
    Qui se rencontrent pour créer,
    De nouveaux mondes.

    Je ne fermerai pas les portes et les fenêtres,
    Pour te garder à côté de moi,
    Je ne te laisserai pas limiter mon vol.

    J’honore ta liberté,
    En choisissant la mienne chaque jour. »

    ~ Emanuela Pacifi ~

    #3500
    Sylvie Pommier
    Participant

    Joli texte et très réel… Le job qui est demandé sur ce parcours 😉

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