#4403
Virginie Lefevre
Participant

Bonsoir Nicolas,

Merci de m’avoir partagé ton parcours et ta vie. Je sens une grande maturité en toi et beaucoup de courage. Ce n’est pas rien d’oser aller voir au fond de soi.

Le mot est bien choisi : étrange. En te lisant, j’ai repensé à la dernière vidéo de F. Marchand qui expliquait que l’on pouvait avoir commencé la compensation avant la rencontre. Ceci pourrait peut-être expliquer l’étrangeté de ma situation. J’ai effectivement la sensation d’avoir pré-compensé, suite à plusieurs événements éprouvants les trois années précédant la rencontre.

Quoi qu’il en soit, l’essentiel pour moi aujourd’hui est de savoir que je suis inconsciente à la base. Je pense être éveillée la première au lien, mais ça j’en aurais confirmation par mon Autre plus tard. Comme toi, je pense que je ne dois pas lui en parler. Je n’en ressens pas le besoin. Je pense aussi qu’il doit faire son propre chemin, découvrir par lui-même. J’ai le sentiment que cette année a dû le faire avancer dans son cheminement.

Je vais essayer de t’expliquer ce que je ressens quand on me déclare ses sentiments, mais je ne peux pas te parler de ma relation FJ, puisque mon autre ne s’est pas déclaré avec des mots et parce que je n’ai pas fui. Je le ressens très fort par contre, je sens la puissance de son amour au niveau énergie.

Donc, je dois revenir en arrière, avant la reconnexion. Imagine une personne très sociable, j’aimais plaire et je voulais être celle qu’on voit. Dans la séduction avec tout le monde. Le faux-self que tu connais, juste pour être aimée. Je jouais des rôles en fait. Très à l’aise tant que ça reste « en surface » et quand ça devient plus intime, y a plus personne (sauf exception bien sûr car mes amis proches ont su insister). Je ne m’aimais pas, très peu d’estime, un manque de confiance énorme. Alors je cherchais l’amour chez les autres, mais dès que ça devenait plus intime, je commençais à paniquer. Très contradictoire que de chercher une chose, et quand on te le donne, tu n’en veux plus.

Dans mes relations amoureuses, c’était pareil. Je rencontrais souvent des hommes « non dispo » donc dans l’impossibilité de me donner l’amour que je cherchais. Je quémandais et ne recevais rien donc malheureuse et j’y mettais fin. Avec ceux qui étaient prêt à m’aimer, tout se passait bien au début j’étais amoureuse, mais dès qu’ils se déclaraient, que ça devenait plus sérieux, je me sentais mal car je paniquais, angoissée, je me repliais sur moi et commençais à être désagréable. Quand j’étais en couple, c’était plus difficile de les quitter. Plus ils étaient démonstratifs et cherchaient des explications, plus je fuyais. Pour moi, la fuite, c’était le mutisme. J’étais distante, bien incapable d’expliquer mon comportement. J’étais très dure avec eux en fait mais bien sûr je ne m’en rendais pas compte. Pour moi, c’était juste comme si je me réveillais au bout d’un moment en me demandant, mais qu’est ce que je fous là, avec lui ? Et donc je mettais fin à la relation, c’était comme si je n’avais jamais rien ressenti pour eux. Pour recommencer avec un autre. J’ai même ressenti ça avec le père de mon fils, quand j’étais enceinte. Je devenais hystérique parce que je me rendais compte que je ne pouvais plus faire machine en arrière. Nous avions désiré cet enfant, c’est indéniable mais je ressentais un profond désarroi et une telle colère, prise au piège en quelque sorte dans ce couple, que je ne voulais plus. Angoisse, déni et autre dépression ont suivi, etc… (on s’est séparé peu après la naissance, sommes restés amis et mon fils va très bien ;-))

C’est seulement depuis peu que je sais que c’est ce manque d’amour envers moi-même qui a généré toute cette souffrance. Je ne me sentais pas légitime d’être aimée, je n’y avais pas droit, je posais un regard sur moi si négatif que je ne comprenais même pas comment les autres pouvaient m’aimer. En les fuyant, je les repoussais comme pour mieux leur faire comprendre qu’ils se trompaient sur la personne, que j’étais indigne d’être aimée car je ne leur apportais que de la souffrance et qu’ils seraient plus heureux avec quelqu’un d’autre. Mais je ne me rendais pas compte de tout ça avant.

J’espère t’avoir un peu éclairé (et d’autres peut-être), même si je sais que ça n’a rien à voir avec notre lien FJ. La souffrance ressentie par ton Autre doit être décuplée…

Belle soirée

Virginie